Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Les Amis de la Philo discutent avec animation chaque Jeudi du 1er septembre au 30 juin de 18h30 à 20h au Calypso. Pas de droit d’entrée au café-philo. Pas besoin de diplôme ni d'avoir lu des essais philosophiques. Il suffit de se questionner. On donne seulement son prénom, et on ne parle pas de sa situation sociale. On vient une fois, chaque fois, une année ou plusieurs. On parle, ou on ne parle pas; mais on écoute. Nos sujets de débat sont le plus souvent proposés par les participants, choisis au plus grand nombre de voix et discutés sur le champ. Il y a toujours du monde au café-philo, autour des animateurs, d’un intervenant extérieur parfois. Jamais de conférenciers. La parole est à tous, c’est le groupe qui fait avancer le débat.

Publicité

Peut-on décider de sa propre mort ?

Synthèse du 16 Janvier 2014 :

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Q
Bonjour,<br /> J'ai lu avec attention le compte-rendu de votre débat et je trouve intéressant l'élargissement qui est fait, notamment en ce qui concerne le suicide. <br /> En effet, même si l'euthanasie semble être un droit, une liberté d'une certaine manière pour le patient qui souffre, cela reste un "suicide", dans la mesure où cela n'est pas naturel. Il est bien évidemment toujours très difficile de trancher lorsque des hommes et des femmes sont en état de grande souffrance et qu'ils n'ont même plus la capacité de communiquer avec les personnes qui les entourent. Cependant, dans ces cas là, les sentiments ont une grande influence sur le choix définitif, mais ils ne doivent pas prendre le dessus sur la raison, même si c'est très difficile et je le comprends.<br /> <br /> D'autre part, en mettant fin à la vie d'un proche qui nous est cher et qu'on voit souffrir tous les jours et parfois de plus en plus, n'est-ce pas une "solution" de facilité qui nous permet de ne plus être tourmentés par cette souffrance qui nous empêche de vivre tranquillement ? Il est vrai que lorsque la personne souffrante se sera "endormie" pour toujours, nous serons attristés de sa mort mais d'une certaine manière, quel soulagement après tant d'années de souffrance, de tristesse et de pitié... C'est à cela que conduit l'euthanasie et le suicide plus généralement. <br /> <br /> Il est vrai qu'aujourd'hui, les avancées médicales permettent de réaliser beaucoup plus de choses qu'auparavant. Mais il y a une véritable question à se poser et à méditer : Est-ce qu'avoir la possibilité de faire une chose nous permet de faire cette chose ? Evidemment, dans l'absolu oui, mais moralement, en est-il de même ? Pas nécessairement. Même si de nos jours, l'euthanasie est devenu légal (sous conditions), est-ce moral ? Je vous laisse réfléchir... <br /> Avant de penser à supprimer (le terme est fort mais il est juste) la cause de nos maux (autrement dit le malade qui souffre personnellement mais qui fait souffrir indirectement tous ceux qui l'entourent) afin de ne plus être tourmenté, il faudrait, je pense, rappeler le formidable soutien que la famille peut apporter au malade même dans les situations les plus désespérées.<br /> Par exemple, un proche est malade et il souffre, ce n'est pas un "accident" comme on pourrait le penser car cela fait tout simplement parti de la nature humaine. Des hommes sont en bonne santé, d'autres sont malades. Des hommes sont vivants, d'autres sont morts. Il n'y a aucun fatalisme en disant cela car c'est seulement la réalité et tout le monde peut en juger. <br /> A partir de ce moment là, il faut accepter les choses telles qu'elles sont. Cela ne signifie en aucun cas qu'il faille se résigner en renonçant à tout espoir de guérison, mais qu'il faut faire les choses requises à ce moment là. On peut continuer d'aimer ce proche comme avant et même davantage afin qu'il ne se sente pas délaissé, abandonné, marginalisé. On peut lui parler même si on a l'impression qu'il ne nous comprend pas car au fond de soi, on a l'intime conviction qu'il "sent" notre présence. Toutes ces choses là ne sont pas vaines même si ce proche va mourir car on contribue à lui apporter un soutien, justement, au moment où il en a le plus besoin. <br /> <br /> Je regrette si vous jugez mes paroles dures mais j'espère apporter, à mon humble niveau des pistes de réflexion à chacun. Après ces longues années de soutien affectif, financier (il faut l'avouer), il est en effet facile de se laisser décourager par les événements et c'est légitime. Mais ce découragement ne doit être en aucun cas la cause de l'abandon du malade. Lui n'a pas choisi d'être malade, ainsi, il attend, normalement, que ses proches croient en lui et continuent d'espérer. Mais attention cette espérance ne doit pas devenir superficielle dans le sens où elle symboliserait uniquement l'espoir d'une guérison, même si c'est déjà une raison très valable. <br /> En effet, il est des cas où la mort viendra à coup sûr très prochainement. Et bien dans ces cas là, qui paraissent désespérés, tenez bon, soutenez vous et accompagnez le malade avec tout l'amour que vous portez en vous jusqu'à sa fin naturelle, aussi lointaine sera-t-elle. Vous serez sûrement tristes et affligés et c'est normal. Mais s'il vous plaît, n'abandonnez pas ce faible malade à son propre sort. Ne le laissez pas vous autorisez à mettre fin à sa vie car cela signifierait qu'il aurait lui même perdu toute estime de lui-même. Rappelez lui que vous êtes là, qu'il est là (même s'il ne vous entend pas) et laissez la nature faire les choses même si elle vous semble cruelle...<br /> <br /> Je vous remercie et vous prie de bien vouloir m'éclairer si je me suis trompé (cela m'arrive parfois).
Répondre
J
Il m'est arrivé d'entendre les deux sons de cloches différents, de la part de dames de 80 ans et vivant dans la solitude de la vieillesse. Pour l'une, c'était un terme tardait à venir. Pour l'autre, le regret d'être arrivée prêt de la mort, sans avoir pu réalisé tout ce qu'elle aurait aimé faire.<br /> Donc, la première est lassée de la vie, mais la seconde nous encourage à toujours avoir l'esprit en éveil, son comportement est philosophique, elle ne se contente pas de vivre, elle donne plus de place à la volonté d'exister.<br /> Comme l'a dit Montaigne : &quot;Philosopher, c'est apprendre à mourir...&quot; ou encore, &quot;On ne meurt pas d'avoir été malade, mais d'avoir été vivant&quot;. D'ailleurs, il avait dédié &quot;Les Essais&quot; à son ami la Boétie, avec comme sous-titre &quot;Le Tombeau&quot;. De l'estime de soi, pour autrui... <br /> Toute l'explication philosophique est ci-dessus. Épicure a dit : &quot;Quand nous sommes là, la mort n'y est pas. Quand la mort est là, nous n'y sommes plus&quot;. Dans &quot;La lettre à Ménécée&quot;, il affirme que se donner la mort, est la pire des lâcheté. Donc décider de mourir est un manque de courage, tant que nous pouvons encore raisonner sur notre existence. Un grand philosophe comme Paul Ricœur s'est suicidé, pouvons-nous avoir une confiance absolu à toute sa carrière ? <br /> A l'échelle du temps, notre vie est très courte, elle nous guette en permanence... Moquons-nous d'elle, en mourant le plus tard possible, se souvenir que le regard de la Sagesse s'aiguise avec l'âge, c'est Socrate qui nous apprend de regarder toujours plus loin que loin.
Répondre